Ahlan wa sahlan ! Bienvenue à Paris Saad Hariri

Ahlan wa sahlan ! Bienvenue à Paris Saad Hariri

Après avoir été retenu contre son gré et poussé à la démission – selon le Président libanais Michel Aoun et le Hezbollah – le Premier Ministre libanais Saad Hariri est arrivé samedi dernier à Paris. Emmanuel Macron a profité de l’espace laissé vacant par les Etats-Unis pour faire entendre la diplomatie française.
La plupart des politologues admirent la position française en tant que médiateur entre Saoudiens et Iraniens au vu de l’ambiguë politique étrangère américaine et des intérêts économiques grandissants dans la région.

Le Liban est aujourd’hui tiraillé par de multiples influences dues à l’organisation de son système politique : le chef de l’Etat est un chrétien maronite, le premier ministre est un musulman sunnite (influencé par l’Arabie Saoudite) et le président de l’Assemblée Nationale est un chiite (proche des intérêts iraniens et du Hezbollah). Contrairement à l’ambition saoudienne qui escomptait une rapide division interne dans la classe politique libanaise après la démission d’Hariri, le président Aoun a su contenir les velléités pour conserver l’unité d’un pays fragile.

Et c’est au milieu de cet équilibre incertain que la France cherche à conserver son rôle historique majeur. Depuis des siècles, les Français considèrent que l’existence d’une communauté chrétienne d’importance dans la région est un atout de poids pour ses intérêts géopolitiques et économiques. La France a également exercé un mandat sur la nation libanaise naissante, et est intervenue à plusieurs reprises pour la défendre au fur et à mesure que se déroulait son histoire mouvementée, à tel point que les Libanais surnomment parfois cette tutrice bienveillante (et intéressée) leur “Tendre Mère”. C’est pour cela que la diplomatie française avait négocié pour installer au pouvoir les rivaux Aoun et Hariri, et se sent responsable du bon fonctionnement du couple exécutif et de la stabilité d’un pays clé au Proche Orient. En effet, le Liban accueille déjà plus d’1,5 million de réfugiés liés à la guerre civile en Syrie, qui chercheront à gagner l’Europe en cas de troubles. Et dans un pays tiraillé entre l’influence des deux frères rivaux de l’islam, le chiisme et le sunnisme, la France reste l’un des derniers acteurs majeurs à “conserver une capacité de parler à tout le monde” (P.Servent). Cependant, le président français souhaite avant tout se positionner en tant que médiateur plutôt qu’en réel soutien appuyé à une unique partie.

Face au retrait des Etats-Unis au Moyen-Orient, aux conflits en Syrie et en Irak, et à l’ambitieux « projet Neom » de 500 milliards d’euros en Arabie Saoudite, E.Macron espère bien être le moteur du retour de la France au premier plan dans cette zone conflictuelle mais pleine d’opportunités. De plus, E.Macron n’a pas oublié d’aborder l’épineux sujet des quelques 14 millions d’euros d’impayés à 240 expatriés français par l’entreprise de Saad Hariri basée à Riyad.

Article écrit par Charles Gastaud (9e génération d’ENU)

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