La chute de l’EI : fantasme ou réalité ?

New York. 8 morts, 12 blessés. Kaboul. 5 morts, une vingtaine de blessés. Aden. Au moins 15 morts. En l’espace d’une semaine, l’Etat Islamique a encore une fois multiplié les attentats. Pourtant, la reprise de la ville de Deir es-Zor ce vendredi 3 novembre par l’armée syrienne est le symbole de la déliquescence de Daesh. Mais alors est-il aujourd’hui possible, et sensé, de croire à l’éradication totale du groupe terroriste ?

Le « califat » autoproclamé est actuellement acculé dans la ville de Boukamal, près de la frontière entre l’Irak et la Syrie. De ce califat, il ne reste plus grand-chose tant les pertes territoriales se sont multipliées ces derniers mois. Dès la mi-octobre, la ville de Raqqa, bastion de Daesh, avait était rendue aux mains des Forces démocratiques syriennes. Le groupe terroriste ne contrôle plus aujourd’hui que 6% des territoires syriens et irakiens alors qu’il en contrôlait le tiers il y a trois ans. Il se trouve désormais pris en tenaille entre les forces irakiennes, le régime syrien et une alliance arabo-kurde.

La chute de l'EI : fantasme ou réalité ?

Néanmoins, si ces victoires militaires sont à la fois la cause et l’effet de l’affaiblissement de Daesh, la guerre contre le terrorisme est loin d’être terminée. L’EI revoie sa stratégie, et, contraint de se cacher dans le désert syrien, acculé de toutes parts, entreprend de reprendre une guérilla virulente. La crise syrienne n’est pas résolue, les civils restent les premières victimes, les réfugiés continuent d’affluer, les attentats se perpétuent.

Si Daesh perd un à un ses centres stratégiques, les années de latence de la communauté internationale ont permis au groupe de s’étendre au-delà de la Syrie et de l’Irak, si bien qu’aujourd’hui, de nombreux groupes affiliés à l’EI se développent jusque dans les pays occidentaux. Pire encore, l’EI a si bien réussi à étendre son idéologie meurtrière que des éléments isolés émergent de toutes parts pour commettre des atrocités. Le terroriste de New York, un Ouzbek de 29 ans, ne s’est ainsi radicalisé que plusieurs années après son arrivée sur le sol américain.

La coalition internationale s’est montrée efficace sur le terrain, en revanche tant que la situation ne sera pas stabilisée dans la région syrienne, il semble compliqué et utopique de croire à une complète disparition de l’Etat Islamique. New York, Kaboul et Aden sont les soubresauts d’un organisme terroriste en quête de restructuration.

Article écrit par Sophie Roturier (9e génération d’ENU)

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