Bons baisers de Sofia

Alors que le traité de Maastricht fêtait hier ses 25 ans et la promesse d’une Europe plus unie et plus forte, la Bulgarie pourrait se rapprocher un peu plus de la Russie après la victoire ce 22 janvier 2016 du candidat socialiste Roumen Radev.
En intégrant l’Union Européenne, les Bulgares avaient bon espoir de retrouver la stabilité et la prospérité économique et sociale. Or la Bulgarie demeure toujours le pays le plus pauvre de l’UE avec un PIB par habitant 5 fois inférieur à celui du Luxembourg. La confortable victoire de Radev – par près de 60% des suffrages- s’explique également par l’échec du gouvernement de centre-droit en matière de lutte anti-corruption et de réorganisation du secteur public.

Pourtant, est-ce que cela signifie un rapprochement avec la Russie ? Rien n’est moins sûr. En effet, le nouveau président russophile et ancien général de l’armée de l’air défend une position claire : « l’appartenance de la Bulgarie à l’UE et à l’OTAN ne signifie pas que nous devons nous déclarer ennemies de la Russie ». Les sanctions européennes à l’encontre de la Russie doivent quant à elles cesser au plus vite.

Le 13 novembre 2016, la démission du premier ministre Boïko Borissov, après la défaite de la candidate de son parti de centre droit GERB au second tour des élections présidentielles, a plongé de nouveau la Bulgarie dans une phase d’incertitude conduisant à des législatives anticipées au printemps 2017. Elections cruciales puisque dans le système parlementaire bulgare, c’est bien l’Assemblée Nationale monocamérale qui adopte les lois, ratifie les traités internationaux, vote le budget et déclare la guerre alors que le président est chef des armées et représentant de son pays à l’étranger. Et le parti de Radev n’est pas donné favori pour ces élections anticipées.

Bons baisers de Sofia

Article écrit par Arthur Hebras (8e génération d’ENU)

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