La semaine choc de Donald Trump

Alors que beaucoup de journalistes politiques estimaient que Donald Trump, une fois investi, ne tiendrait pas les promesses de son programme, la première semaine du 45ème président des Etats-Unis met incontestablement fin à ces analyses optimistes. En effet, depuis sa prise de fonction le 20 janvier dernier, Donald Trump a multiplié les annonces choc et les signatures frénétiques de décrets, profilant ainsi un mandat présidentiel marquant la rupture avec la présidence de son prédécesseur.

La semaine choc de Donald Trump

Tout a commencé samedi 21 janvier, le lendemain de l’investiture, lorsque Donald Trump signe un décret pour détricoter la loi santé emblématique de la présidence Obama, l’Obamacare (voir notre Brève du 18 janvier). Le lendemain, le président américain signe un décret anti-avortement qui met fin à l’aide internationale accordée aux ONG soutenant l’avortement. La politique de rupture est lancée, mais elle ne s’arrête pas là.

« We will build the wall! » a-t-il annoncé mercredi 25 janvier sur son compte Twitter avant de signer un décret amorçant sa promesse de construction d’un mur à la frontière mexicaine, promesse emblématique de sa campagne. Ce décret a monté d’un cran encore les tensions entre les Etats-Unis et le Mexique lorsque Donald Trump a menacé d’annuler la rencontre prévue avec le président du Mexique Enrique Pena Nieto s’il n’acceptait pas de payer le mur. Enrique Pena Nieto a condamné cet ultimatum et a annoncé qu’il renonçait à rencontrer le président américain tout en marquant son soutien aux migrants mexicains sur le sol américain. Bien qu’il soit peu probable que le Mexique finance le projet délirant de Donald Trump, estimé à plus de 20 milliards de dollars, le président américain promet que si le Mexique ne paie pas ce mur directement, il le fera indirectement, avec la mise en place d’une taxe de 20% sur les produits Mexicains ou sur l’argent envoyé par les Mexicains vivant aux Etats-Unis à leurs familles.

Tandis que les tensions avec le Mexique sont déjà bien réelles, Donald Trump a également tendu les relations des Etats-Unis avec les pays musulmans après la signature d’un nouveau décret anti-terroriste vendredi 27 janvier qui interdit l’entrée sur le territoire américain aux ressortissants de sept pays musulmans (Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen). L’Iran a d’ailleurs annoncé qu’il appliquera la réciprocité tant que ce décret ne sera pas levé et a déclaré que cette décision était avant tout « un cadeau pour les extrémistes ». Ce décret s’ajoute aux décrets anti-immigration signés dans la semaine, accélérant les procédures d’expulsions des sans-papiers.

Les « executive orders » ne se limitent pas là. Donald Trump a également signé la semaine dernière un décret retirant les Etats-Unis du projet de libre échange, le Trans-Pacific Partenership (TPP), mettant fin à près de dix années de de négociations entre l’Amérique et l’Asie Pacifique. Un décret semblable pourrait être signé pour mettre également fin au projet de libre-échange transatlantique avec l’Europe, le TTIP, auquel Donald Trump a déjà affirmé son hostilité.

Article écrit par Anthony Procot (9e génération d’ENU)

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